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14 May

Radiohead : A Moon Shaped Pool

Radiohead ressort le grand jeu avec "A Moon Shaped Pool"

Le groupe de rock britannique signe l'un de ses plus beaux disques

depuis "OK Computer", indépassable monument de 1997.

Radiohead : A Moon Shaped Pool

Ces derniers jours, deux chansons, Burn the Witch et Daydreaming,

illustrées chacune d’un clip vidéo, avaient été dévoilées coup sur coup,

qui laissaient espérer du changement par rapport à The King of Limbs (2011),

dernier album en date du groupe.

Impression confirmée par l’écoute de A Moon Shaped Pool,

qui voit Thom Yorke et sa bande réinvestir avec une passionnante créativité

le champ de l’instrumentation organique.

Longtemps libératrice – quand Radiohead s’échappait de la sphère rock

de OK Computer, avec les albums Kid A (2000) et Amnesiac (2001) –,

la musique électronique avait fini par mener le quintette vers une impasse.

A force de fuir la routine du format chanson, les Anglais privilégiaient alors

une complexité rythmique et des textures sonores délaissant le souffle mélodique

au profit du flot anxiogène des machines d’une étouffante monotonie.

Si le groupe n’a pas abandonné la technologie numérique,

ni les ambiances synthétiques (les boucles hypnotiques de Ful Stop,

dignes de Massive Attack), A Moon Shaped Pool redonne la vedette à une

matière acoustique oxygénant à nouveau l’inspiration de ces chercheurs nés.

Radiohead redécouvre le jeu des dynamiques et les vertus de la respiration

Si guitares, basse, piano et batterie se font de nouveau entendre,

très souvent accompagnés d’orchestrations de cordes, la façon dont cette

instrumentation est jouée, assemblée et triturée, prouve une fois de plus une quête

inassouvie d’expérimentation et de sensations inédites.

Mais au monolithisme claustrophobe de The Kings of Limbs

(et des albums solos de Thom Yorke, The Eraser et Tomorrow’s Modern Boxes),

Radiohead préfère ici une variété de figures, redécouvrant le jeu des dynamiques

et les vertus de la respiration.

Premier titre lâché par le groupe et introduction d’un album

Burn the Witch et ses violons cisaillant l’air exposent l’importance prise

dans ce disque par le London Contemporary Orchestra.

Alternant caresses suaves et tension dramatique, nappes somnambuliques

et vagues glacées (parfois dans un même morceau, comme Glass Eyes

ou Decks Dark), les cordes (quatre violons et quatre altos)

et chœurs ensorcelants de cet orchestre font partie des couleurs dominantes

de ces nouveaux paysages sonores.

S’ils ne retrouvent pas le lyrisme électrique des débuts du groupe,

guitare, basse et batterie jouent également des rôles centraux.

Sur un mode rock minimaliste dans Identikit ou avec une volupté

très seventies dans The Numbers.

Avec aussi une délicatesse folk dans Desert Island Disk,

ou détournant, dans Present Tense, la mélancolique sensualité de la bossa-nova.

Radiohead : A Moon Shaped Pool

A Moon Shaped Pool se hisse parmi les sommets de la discographie de Radiohead.

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