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22 Mar

2021 - Israel Nash - Topaz [16-44.1]

 - Catégories :  #MUSIC

Si vous cherchez le point géographique de convergence

d’influences musicales aussi diverses que la soul du label Stax ,

celle de l’écurie Muscle Shoals, le son du Crazy Horse

(version 70s) de Neil Young et le rock du bayou

de Creedence Clearwater Revival de John Fogerty,

vous le trouverez quelque part au Texas à Dripping Springs.

Plus précisément, dans la cabane Quonset qu’Israel Nash

s’est faite construire à quelques pas de sa maison

et dans laquelle il a enregistré son nouvel album, Topaz.

Ajoutez à cela quelques touches du Pink Floyd,

et vous obtiendrez un folk (cosmique ?) de très haute tenue.

A l’image de l’esprit conscient de Nash, mais loin

des consciences enfumées du monde musical des années 60-70.

Le propos de Topaz est clair et le fruit de la réflexion

de son auteur, par ailleurs diplômé de sciences politiques.

Depuis son havre texan, Israel Nash observe ainsi

le monde actuel et n’y trouve que vacuité politique

comme sur le morceau Dividing Lines, titre sur lequel

il fustige les politiciens irrationnels et clivants

(suivez mon regard) et parfois sentiment d’isolement

comme sur le morceau Down in the country.

Ces deux morceaux donnent la tonalité musicale de l’album,

un son cinématographique, ample, émaillés

de solos de guitares folk-rock et soutenus par une section cuivre soul.

Certaines chansons donneraient presque l’envie

de prendre le volant de sa voiture

et rouler sur une highway américaine,

face au soleil couchant, le titre Stay dans l’autoradio.

Très cliché tout cela, me direz-vous, mais tant pis, j’assume.

Indiana et Howling wind achevant cette impression d’ouverture

et de grands espaces.

Des espaces de liberté où pointent cependant la peur,

voire l’angoisse de vivre dans l’Amérique d’aujourd’hui

(écouter les titres Pressure ou encore Sutherland Springs

qui dénonce une nouvelle fois la libre circulation des armes

dans certains États des USA avec les conséquences terribles

que l’on connaît).

D’autres titres comme Closer et Southern Coast

explorent des contrées musicales nouvelles.

Plus électroniques, des nappes de synthé y remplacent

parfois les instruments iconiques de la folk pour délivrer

des chansons aux mélodies magnifiques et aux harmonies spatiales.

La musique est belle à l’oreille, chaleureuse et réconfortante,

mais le constat est amer.

Les mots sont là pour nous le rappeler,

comme un caillou glissé dans la chaussure.

Alors pourquoi intituler son disque Topaz ?

Ce que l’on sait pour sûr c’est qu’elle revêt différentes couleurs,

 

à l’image de cet album aux multiples facettes très réussi…

 

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