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17 Sep

2022 - The Black Angels - Wilderness of Mirrors [16-44.1]

Publié par down.load  - Catégories :  #MUSIC

Quels disques surgis du passé provoqueront

un long frisson dorsal aux adolescents de 2035,

le même qu’a pu ressentir un jeune homme de 1995

écoutant les Doors pour la première fois?

Peut-on imaginer que les Black Angels traversent ainsi les années,

et que Passover puissent toujours clouer sur place un auditoire

du futur proche ?

En attendant la postérité, les Texans commencent

à acquérir une longévité intéressante,

seize ans après leurs premières détonations.

Les rapports entre humains, entre l’individu et la société,

ont toujours été leur première source d’inspiration,

surtout lorsqu’ils sont déséquilibrés.

Aliénation, domination hantent leurs compositions

et ce nouvel opus n’y coupe pas.

Without a Trace débute par une guitare bourdonnante

suivie par le cri d’un guerrier indien.

Le groupe repart en guerre et rassemble ses troupes

sans agressivité, avec la puissance sereine qu’on lui connaît.

Empires Falling accélère le tempo avec son refrain quasi-punk.

Les sujets d’indignation sont intarissables

et le mur qui a surgi à la frontière mexicaine en est un

qui touche de près les Texans.

Il en résulte La Pared (Govt. Wall Blues),

un de ces morceaux intenses qui ont fait leur réputation,

qui reçoit en plus le renfort d’un mellotron sonnant l’alarme.

Mais alors que les Black Angels avaient bâti leur renommée

sur un son lourd et implacable, des rythmiques martiales

qui les rendaient inébranlables, des ambiances sombres,

Wilderness of Mirrors compte des compositions

plus subtiles et délicates.

The River nous noie dans ses eaux hautement psychédéliques,

la voix d’Alex Maas est soudainement si fragile qu’il en émane

une tristesse communicative.

Ont-ils déjà écrit un morceau aussi beau et lumineux

que 100 Flowers of Paracusia ?

Ces fleurs, produits d’hallucinations auditives,

ramènent à la Californie des Byrds et de Jefferson Airplane,

délaissant ainsi les héritages de Roky Erickson et du Velvet

pour quelques minutes magnifiques.

Au rayon des curiosités, ils tentent un hommage

à la pop française des 60’s avec Firefly.

Ici, le groupe accepte par moments de se défaire

de cette armure sonore, bâtie par Christian Bland

notamment, pour plus de sincérité.

Il a aussi intégré le multi-instrumentiste Ramiro Verdoreen

pour plus de diversité.

Démonstration sur El Jardin, premier single dévoilé

qui imagine la redécouverte des arbres, des herbes et des plantes

dans un futur proche.

On pourrait crier à l’opportunisme, à l’utilisation du thème

de l’urgence climatique, mais il rentre clairement dans les batailles

que mènent le groupe depuis ses débuts.

Nul doute qu’il devrait avoir encore des choses à dire,

des injustices à dénoncer, des peurs à exprimer

dans les prochaines années :

il n’y a pas d’âge pour être conscient de son époque.

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