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17 Jan

2021 - Viagra Boys - Welfare Jazz [16-44.1]

 - Catégories :  #MUSIC

En 2018, quand Viagra Boys a publié son premier album,

Street Worms, jamais la formation suédoise n’aurait cru

obtenir un rayonnement aussi vaste.

Dans cette pièce, le meneur Sebastian Murphy

(un Américain expatrié à Stockholm) étale sans aucune gêne

sa piètre forme physique… sûrement causée

par quelques abus de substances illicites.

Mais la mise au vert forcée imposée par la pandémie

à changé notre bonhomme.

En une quarantaine de minutes, Welfare Jazz

parcourt la mutation de Murphy en commençant

logiquement par l’admission de ses dérapages passés.

"Ain’t Nice" et ses airs de bad boy pathétique opère

une transition naturelle avec leur premier album

avant d’enchaîner avec l’interlude "Cold Play"

qui rappelle à quel point la place accordée au saxophone

de Oskar Carls les distingue de la masse des groupes

post-punk-garage & Co qui pullulent ces dernières années

et à qui on les a peut-être un peu trop vite assimilés.

Tout du long, c’est lui qui sera le liant de la sauce

et certifiera le jazz de ce Welfare, well… Jazz.

Sur "Toad" et sa rythmique lancinante empruntée à Suicide,

Murphy prouve à nouveau qu’il manie le sarcasme

sans effort, quitte à devenir sa propre cible.

Plus loin, Murphy retourne à son obsession absurde

pour les animaux en mission confidentielle puisqu’après

sa grenouille anti-radar de "Frogstrap", il nous présente ici

son "Secret Canine Agent".

Ses divagations – parfois drôles, parfois cruelles, souvent les deux 

– prennent fin sur une note nettement plus tendre avec

"To The Country" qui tente d’injecter un peu d’espoir

à une histoire d’amour qui débute dans le caniveau

mais aussi avec la reprise "In Spite of Ourselves"

en compagnie de Amy Taylor, frontwoman de Amyl & The Sniffers,

avec qui il forme le plus merveilleux couple de barakis intercontinentaux.

Entre le tapis synthwave de "Creatures", le disco-punk ultra efficace

de "Girls & Boys" et des incursions americana à moitié convaincantes,

les Viagra Boys déploient beaucoup d’énergie

pour démontrer leur capacité à explorer de nouveaux territoires.

Welfare Jazz n’est sans doute pas le joyeux uppercut balancé

par Street Worms mais n’hésite pas à proposer des choses

avec du cran et de la sincérité.

De toute façon, tout ce qu’on leur demandera

à l’avenir, c’est de ne pas virer Oskar.

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