2021 - Viagra Boys - Welfare Jazz [16-44.1]
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En 2018, quand Viagra Boys a publié son premier album,
Street Worms, jamais la formation suédoise n’aurait cru
obtenir un rayonnement aussi vaste.
Dans cette pièce, le meneur Sebastian Murphy
(un Américain expatrié à Stockholm) étale sans aucune gêne
sa piètre forme physique… sûrement causée
par quelques abus de substances illicites.
Mais la mise au vert forcée imposée par la pandémie
à changé notre bonhomme.
En une quarantaine de minutes, Welfare Jazz
parcourt la mutation de Murphy en commençant
logiquement par l’admission de ses dérapages passés.
"Ain’t Nice" et ses airs de bad boy pathétique opère
une transition naturelle avec leur premier album
avant d’enchaîner avec l’interlude "Cold Play"
qui rappelle à quel point la place accordée au saxophone
de Oskar Carls les distingue de la masse des groupes
post-punk-garage & Co qui pullulent ces dernières années
et à qui on les a peut-être un peu trop vite assimilés.
Tout du long, c’est lui qui sera le liant de la sauce
et certifiera le jazz de ce Welfare, well… Jazz.
Sur "Toad" et sa rythmique lancinante empruntée à Suicide,
Murphy prouve à nouveau qu’il manie le sarcasme
sans effort, quitte à devenir sa propre cible.
Plus loin, Murphy retourne à son obsession absurde
pour les animaux en mission confidentielle puisqu’après
sa grenouille anti-radar de "Frogstrap", il nous présente ici
Ses divagations – parfois drôles, parfois cruelles, souvent les deux
– prennent fin sur une note nettement plus tendre avec
"To The Country" qui tente d’injecter un peu d’espoir
à une histoire d’amour qui débute dans le caniveau
mais aussi avec la reprise "In Spite of Ourselves"
en compagnie de Amy Taylor, frontwoman de Amyl & The Sniffers,
avec qui il forme le plus merveilleux couple de barakis intercontinentaux.
Entre le tapis synthwave de "Creatures", le disco-punk ultra efficace
de "Girls & Boys" et des incursions americana à moitié convaincantes,
les Viagra Boys déploient beaucoup d’énergie
pour démontrer leur capacité à explorer de nouveaux territoires.
Welfare Jazz n’est sans doute pas le joyeux uppercut balancé
par Street Worms mais n’hésite pas à proposer des choses
avec du cran et de la sincérité.
De toute façon, tout ce qu’on leur demandera
à l’avenir, c’est de ne pas virer Oskar.