2024 - Shellac - To All Trains [24-96]
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La chronologie de certains évènements
est parfois bien cruelle !
Voir débouler une nouvelle galette
des Américains de Shellac quelques jours
seulement après la disparition subite
de Steve Albini est un crève-cœur
dont les fans auront beaucoup de mal à se défaire.
Pas besoin de présenter Steve Albini
aux lecteurs de ce blog, mais il suffit de lister
le nom de quelques albums mythiques
de l'histoire du rock pour ce rappeler
son travail de producteur.
- Pixies – Surfer Rosa
- Jon Spencer Blues Explosion – Acme
- Jimmy Page & Robert Plant – Walking into Clarksdale
- PJ Harvey – Rid of Me
- Nirvana – In Utero
- The Stooges – The Weirdness
- Sparklehorse – Bird Machine
- Dionysos – Western sous la neige
Il était en même temps que producteur
le guitariste de Shellac.
Il devait présenter à la PRIMAVERA de Barcelone
son nouvel album, le festival à rebaptisé
pour cette édition la scéne DICE à son nom.
Les regrets sont d’autant plus grands à l’écoute
de To All Trains, album qui porte tout simplement
au pinacle la notion de noisy-rock.
Comment atteindre la perfection dans son domaine ?
C’est une question qu’a dû se poser le combo
de Chicago lors de l’écriture de ce nouvel opus.
Le dosage parfait entre les silences et les déluges sonores,
les frappes chirurgicales des percussions,
le placement millimétré des riffs,
la ligne de basse tranchante et bien sûr
ce phrasé nerveux et sans concession
élèvent ce sixième opus studio au rang de chef-d’œuvre.
Pris séparément, le crescendo furieux de WSOD,
le virevoltant Chick New Wave,
les incantations tribales de Wednesday,
le stoner-rock de How I Wrote How I Wrote Elastic Man
et le dantesque I Don’t Fear Hell sont autant
d’actes de foi d’une croyance rock non-conformiste
éprise d’originalité et de liberté.
Vingt-huit petites minutes de finesse bruitiste
et de bonheur rock absolu, voici ce que propose
sans doute pour la dernière fois les Shellac
avec l’indispensable To All Trains.